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Accès à l’habitat : Jean Claude Mbwentchou invité de la CRTV TELE

Afin de mieux édifier l'opinion sur les efforts déployés par les pouvoirs publics pour faciliter l'accès du plus grand nombre de Camerounais à l'habitat, le Ministre de l'Habitat et du Développement Urbain, Jean Claude Mbwentchou, était l'un des invités de l'émission ''Bloc Notes'' de la CRTV TELE, présentée par Gisèle NEMINGA. La première diffusion de cette édition consacrée à l'accès à l'habitat a eu lieu le mercredi 6 juillet 2016.

« Je vous ai parlé d'un programme de 10 000 logements. Nous en avons fait 1675. Parallèlement, nous avons 1500 logements sociaux mais beaucoup plus économiques, qui sont en train d'être bouclés par une firme chinoise dans le cadre de la coopération Cameroun/Chine ».

Gisèle NEMINGA: Avant de faire un tour dans la ville de Yaoundé, on aurait pu prendre n'importe quelle autre ville du Cameroun, et l'un des premiers constats que nous faisons est que l'habitat est l'un des secteurs les plus sinistrés dans ce pays. Qu'est-ce que vous en dites et qu'est ce qui se passe ?

Interview MINHDU CRTVMINHDU : Le constat est très sévère. C'est vrai qu'il y a des problèmes structurants, que l'aménagement urbain est un problème crucial et très important. Comme toutes les grandes villes africaines et je dirai même certaines villes européennes, la stratification de la ville est venue après les occupations. C'est pourquoi le Gouvernement et plus précisément le Délégué du Gouvernement est préoccupé par ce problème. À cet effet, le Délégué du gouvernement a initié la révision du Plan Directeur d'Urbanisme qui était d'abord un schéma d'aménagement urbain. C'est préoccupant et nous essayons d'accompagner les autorités administratives, déjà par un certain nombre de leviers, dont la restructuration du noyau central qui est une étude menée par un Bureau d'études chevronnée. Nous avons également les Plans d'Occupation des Sols qui sont en train d'être finalisés. Et nous vous donnons d'ailleurs en partie raison, lorsque vous dites qu'il y a des quartiers insalubres qui demandent à être restructurés et réhabilités. Nous l'avons dit lors du Forum Urbain National en 2014, qu'il faudra de la volonté pour y arriver.

Ne pensez-vous pas qu'il faudra plus que la volonté, c'est à dire une véritable politique ? Et comment faire pour qu'elle soit acceptée par ceux-là qui sont installés dans ces quartiers ?

Justement. Vous êtes sans ignorer que nous sommes dans une ère où la population a son mot à dire. Nous avons avec l'aide du Programme des Nations Unies pour les Etablissements Humains engagé un processus d'amélioration des bidonvilles par un programme dénommé PPAB (Programme Participatif d'Amélioration des Bidonvilles). Donc il faut amener la population à participer à l'amélioration de son cadre de vie. Ce n'est pas évident mais nous y arrivons. La première phase a été exécutée à Yaoundé VI, au quartier Nkolbikok. Nous sommes allés dans ce quartier lors des séances de rendus et nous avons été surpris par l'adhésion des populations. C'est un programme très ambitieux. Nous allons passer à la troisième phase très bientôt, c'est-à-dire la concrétisation des travaux sur le terrain. Nous avons également la Commune de Kribi II qui est également éligible, et la Commune de Bamenda III. Ce sont des Communes tests qui vont nous amener à élaborer la stratégie nationale de lutte contre les bidonvilles.

Vous faîtes bien de commencer par ces tests parce que vous avez de gros morceaux qui vous attendent. À Yaoundé nous avons des quartiers comme la Briqueterie qui sont devenus des no man's land, dans lesquels on a du mal à évoluer. Il y a des quartiers comme Elig-Edzoa, à Douala il y a le quartier New-Bell malgré tous les efforts de viabilisations qui ont été faits. Ce sera peut-être difficile de passer des tests pour les réhabiliter.

Vous faîtes bien de dire qu'il y a des efforts qui sont faits. Et je vous ai dit que les occupations dans nos grandes villes ont précédé l'urbanisation. Et nous devons continuer à dialoguer avec les populations. Je vous l'ai dit tantôt sans le citer, la Briqueterie fait partie des préoccupations de la restructuration. Je dirai également qu'il y a Mvog-Ada, Mvog-Mbi, Nkoleton. C'est un travail de longue haleine. Vous avez dit que la volonté ne suffit pas. Mais il faut également avoir les moyens. Mais la première des choses c'est la volonté. La volonté de faire changer les mentalités avant d'arriver au changement des structures sur le terrain.

Peut-ont dire qu'il y a vraiment une volonté politique ? Parce qu'on se rend compte tout le temps que lorsqu'on dit qu''il faut déplacer les gens pour les travaux dès qu'il y a tollé on annule.

La volonté est là, mais il faut tenir compte des contraintes endogènes et exogènes. Vous savez que nous sommes aujourd'hui dans un monde planétaire. Je ne vous apprends rien. Il existe des citoyens qui portent plainte au Chef de l'Etat à la Cour Internationale de la Justice. À plus forte raison un ministre ou un Délégué du Gouvernement. Nous devons être prudents. Nous devons amener les populations à comprendre que ce que le Chef de l'Etat, le Gouvernement, le Ministre, le Délégué ou le maire voudrait faire, c'est d'abord pour le bien de cette population. Vous n'êtes pas sans ignorer que nous sommes confrontés ces derniers temps aux résistances de certaines populations parce qu'on voudrait faire des routes qui sont censées améliorer le cadre de vie. Mais dès lors que vous touchez à un poteau, c'est un problème.

Peut-être parce que c'est leur seul moyen de vie aussi. Il faut bien en tenir compte !

Vous avez tout compris. Nous en tenons compte. Nous sommes dans un état de droit nous devons y aller calmement. Mais à un moment il faudra être ferme parce qu'on ne peut pas faire les omelettes sans casser les œufs.

Mais l'Etat prend quand même quelques engagements.

Tout à fait. Nous devons indemniser ou recaser. Tout ceci est pensé et nous souhaitons que dans un très proche avenir, les populations de nos grandes villes, c'est-à-dire Yaoundé et Douala ou même d'autres encore, adhèrent véritablement.

Monsieur le Ministre, une autre décision prise par le gouvernement concerne le logement social. Mais quand on parle de logement social au Cameroun, de quoi s'agit-il ? À qui est-il destiné ?

Le logement social est un logement aidé par les pouvoirs publics et non un logement donné ni distribué. Il faut bien lever cette équivoque car je perçois que vous parlez pour les sans voix. Et je voudrais effectivement rappeler que nous avons été à plusieurs reprises interpelés à ce sujet. Vous savez, le Chef de l'Etat nous a instruit d'expérimenter un programme gouvernemental expérimental de 10 000 logements et d'aménagement de 50 000 parcelles. Nous avons commencé par un programme d'urgence de 1675 logements dont 500 à Yaoundé et 1175 à Douala. Ces logements ont été exécutés par les PME camerounaises et ils sont destinés aux fonctionnaires, aux agents de l'état, aux commerçants, bref à tout Camerounais qui aspire à être logé décemment. Le Premier Ministre a créé une commission présidée par Madame le Secrétaire d'Etat auprès du MINHDU, chargée de l'Habitat. Les critères sont connus. On peut les trouver dans le site spécial du Ministère de l'Habitat et du Développement Urbain. Mais les Camerounais pensent que quand on parle de ce programme, c'est qu'on a décidé de distribuer les logements. Mais nous disons non. Ce premier programme est social parce qu'il a été subventionné à 40% de son coût par le Chef de l'état. Il convient de noter que ces premiers logements ont des dimensions supérieures aux normes sociales. Parce que lors de la conception, certains spécialistes ont conseillé de tenir compte de la sociologie du Camerounais. Le Camerounais est exigent, il veut de grandes choses, mais ne veut pas y mettre les moyens. Il faut savoir qu'un logement social, c'est-à-dire aidé de trois chambres, T4, conformément aux normes ne doit pas dépasser 90 m2. Ce qui n'est pas le cas avec ces premiers logements, dont la superficie d'un T4 est de 112 m2. La surface engendre un surcoût. Mais comme je vous l'ai dit tantôt, le Chef de l'Etat a tenu compte de ce fait lorsqu'il a demandé de vendre au prix de la norme. Et tout ce qui est VRD (Voiries et Réseaux Divers), c'est-à-dire l'assainissement les voiries l'amenée d'eau, d'électricité et téléphone a été pris en charge par le Chef de l'Etat. C'est ça l'habitat social. Et je voudrais préciser que c'est différent de l'habitat économique.

Quelle est la différence entre ces deux termes Monsieur le Ministre ?

La différence est que l'habitat économique est fait pour le moins nanti. C'est-à-dire qu'on utilise le matériau économique et nous sommes donc à la demande du Premier Ministre, entrain de vendre les premiers logements pour investir dans l'habitat économique

N'est-ce pas ce qui a créé la polémique, parce que les moins nantis se sont sentis oubliés !

Non. Ils ne sont pas du tout oubliés. Je vous ai parlé d'un programme de 10 000 logements. Nous en avons fait 1675. Parallèlement, nous avons 1500 logements sociaux mais beaucoup plus économiques, qui sont en train d'être bouclés avec une firme chinoise dans le cadre de la coopération Cameroun/Chine. Dans ces 1500 logements nous avons 680 à Yaoundé, 680 à Douala, 100 à Sangmélima, 100 à Bafoussam, 100 à Bamenda et 100 à Limbé. Pour ces logements, les T4 couteront autour de 12 millions.

Ces logements seront-ils construits par des matériaux locaux ?

Non. Nous avons plutôt économisé les surfaces. Vous remarquez bien le terme économie qui revient. Nous sommes également en pourparlers avec la MIPROMALO qui devrait retenir les PME spécialisées dans les matériaux locaux. Et nous comptons aussi, par rapport à la cible, avoir des coûts plus bas. Les négociations avec la MIPROMALO ont donc pour objectif de faire en sorte que ces logements soient compris entre 10 et 8 millions. Les négociations ne sont pas encore conclues. Je voudrais vous redire que la politique gouvernementale de logements n'est pas uniquement axée au social ou au haut standing. Nous devons faire l'habitat économique pour que toute personne qui voudrait accéder au logement le fasse. Je voudrais quand même préciser qu'on ne pourra pas loger tout le monde. C'est utopique. Il n'existe aucun exemple à travers le monde où on loge tout le monde. Mais la politique menée par le Chef de l'Etat doit amener chaque Camerounais à trouver son compte. Il y a ce qu'on appelle de l'auto-construction. Mais il faut mettre les matériaux de construction à disposition. Voilà un autre pan qui préoccupe tant le Chef de l'Etat que le Premier Ministre qui a instruit le Ministre en charge de l'Industrie de réfléchir pour industrialiser les matériaux. Parce que plus nous aurons des matériaux en quantité et en qualité, plus nous aurons des maisons à moindre coût. Nous devons également regarder en dehors du ciment et des parpaings. La MIPROMALO, aidée de l'ANOR est en train de travailler pour stratifier les zones, les régions par rapport aux matériaux. Comment voudrez-vous qu'un habitant de l'Est ne comprenne pas qu'il faille construire en planche ou en bois. Ça coûte moins cher. D'ailleurs vous voyagez beaucoup. Quand vous arrivez au Canada vous voyez des maisons en planches, en bois et de bonne qualité. Pourquoi est-ce qu'un habitant de l'Extrême-Nord ou de l'Ouest ne construirait-il pas en brique de terres, qu'elle soit stabilisée ou cuite ? Pourquoi un habitant du Moungo ne construirait-il pas en bois, en ''calabote'' mais propre ? C'est de ça qu'il s'agit.

Il s'agit là d'un rêve Monsieur le Ministre. Et on espère qu'il va sera réalisable dans un proche avenir. Si on considère le rythme avec lequel évolue la construction des 1675 logements évoqués plus haut. 6 ans pour produire les premiers 1600 ça fait quand même long.

Oui vous avez raison. Mais il fallait faire des logements témoins et recueillir toutes les leçons. Et il faut savoir que la construction des logements nécessite des terrains. C'est pourquoi ayant rencontré des difficultés de ce genre, ensemble avec le Ministère des Domaines nous travaillons à faire ce qu'on appelle les réserves foncières. Nous avons également instruit le Crédit foncier du Cameroun, qui est la banque de l'habitat, ainsi que le Feicom qui est la banque des communes de signer une convention pour financer les cités municipales. Et la convention est de 10 milliards de francs CFA. Je dois vous dire que beaucoup de communes ne sont pas éligibles. Et nous avons donc essayé de former les responsables de ces communes pour comprendre le cheminement pour pouvoir être éligible. Ce n'est pas du jour au lendemain. Nous avons également des promoteurs privés. L'Etat ne doit pas tout faire et il ne le peut d'ailleurs pas. Il y a d'autres secteurs. C'est pour ça que nous pensons que nous avons à travailler conformément aux très hautes instructions du Chef de l'Etat et du Premier Ministre, pour promouvoir le secteur privé.

Justement parlant de ce secteur privé, on remarque qu'il y a une dynamique dans ce secteur qui a du mal à évoluer. Lorsqu'on qu'on rencontre les acteurs ils vous parlent d'une dispersion qui existe au milieu d'eux. Ils évoquent par exemple le Crédit Foncier qui a une tutelle, de même que la MAETUR ; ils vous parlent de la difficulté d'accéder à des questions comme la propriété foncière, bref ils énumèrent de nombreux problèmes qui bouffent et du temps et de l'argent qui peut servir à viabiliser ces projets. Y a-t-il donc une réflexion gouvernementale qui est menée pour avoir une structure qui coordonne, une espèce de guichet unique pour tous ces acteurs-là. Ce qui peut permettre à l'individu qui veut sa maison de s'adresser à une et une seule personne

La réflexion est engagée depuis et très poussée. Le Premier Ministre a d'ailleurs saisi les différentes parties concernées. Mais les griefs ne sont toujours pas fondés. Vous savez dans le secteur de l'habitat, nous avons à peu près déjà environ 126 promoteurs immobiliers agréés, dont 46 agents immobiliers agréés. Mais nous n'avons pas 10 qui sont visibles. Ce n'est pas un problème de dispersion d'énergies mais plutôt d'intérêt. J'ai eu le temps de discuter avec ces promoteurs et je vous assure qu'ils veulent des résultats immédiats. Ils disent que ce secteur ne leur est pas rentable. Nous sommes en train de travailler.

Prenons un cas pratique. Supposons que je sois en quête d'une maison. Faut-il que j'aille au Ministère des Domaines, est-ce que je pourrai avoir un titre foncier valable, ne sera-t-il pas annulé le lendemain ? Sans compter que je dois aller à la banque qui va l'hypothéquer et qui va prendre un an pour les procédures et de proche en proche il y aura la pénurie de ciment, heureusement on a des cimenteries maintenant au Cameroun peut-être j'ai envie de construire avec des matériaux locaux... Ça fait trop d'acteurs. Pourquoi ne pas imaginer un système où je m'adresse à un individu, où l'Etat organise, pour que chacun ne fasse pas ce qu'il veut et pour qu'on ait un peu moins d'immeubles qui s'écroulent un peu partout.

Non vous soulevez plusieurs problèmes à la fois. Vous ne pouvez pas avoir un guichet unique de promoteurs immobiliers. Mais c'est possible d'avoir un guichet unique qui s'occupe de la construction. C'est possible. Nous sortons des pays où effectivement vous avez un guichet unique où vous voulez votre maison. C'est à ça que nous travaillons aussi pour le Cameroun. Ce problème n'a rien à voir avec les logements qui s'écroulent. Ce ne sont pas les promoteurs qui construisent des immeubles qui s'écroulent, parce qu'ils suivent la procédure normale. Ce sont plutôt des Camerounais qui s'aventurent dans la construction sans consulter des professionnels que sont les architectes, les urbanistes ou les géotechniciens. Parce que pour construire, il faut au préalable sonder votre terrain pour savoir si le programme que vous voulez réaliser est conforme à la portance du sol. Ensuite quand vous avez un plan qui est signé par un professionnel c'est-à-dire un architecte, il faut également qu'il y ait un ingénieur de structure qui vous fasse le calcul. Surtout si on envisage construire un immeuble R+ 1, il faut qu'il y ait des calculs de structures qui ne sont pas faits. En troisième lieu, il faut un permis de construire. Et enfin, quand vous avez un permis de construire, il faut un permis de conformité qui permet à ce que les services techniques qui sont passés pendant que vous réalisez votre ouvrage confirment que ce que vous avez fait est conforme au plan. Voilà les étapes. Je suis d'accord avec vous qu'il y a une défaillance. Si le propriétaire n'a pas respecté ces procédures, comment se met-il à construire ? La municipalité est responsable de la police municipale qui est différente de la police nationale.

En a-t-elle les moyens ?

Qu'on soit à Douala, Yaoundé, Bafoussam ou à Garoua ce n'est pas des moyens qu'il s'agit c'est un problème de responsabilité. Et nous avons attiré l'attention de ces gestionnaires de la ville. Parce que ce sont les maires et les Délégué du gouvernement qui sont gestionnaires de la ville. Ce n'est pas le Ministre des Travaux Publics qui est ingénieur de l'état. Ce n'est pas le Ministre de l'Habitat qui est architecte, urbaniste et aménageur de l'état. Le maire doit faire son travail. Il est inadmissible qu'une personne construise un immeuble R+3, R+4 et qu'on passe à côté tous les jours et personne ne s'émeut pour savoir si cette personne a un permis de construire. La loi exige même qu'il y'ait affichage c'est-à-dire qu'il y'ait un panneau de chantier. Dès lors qu'il n'y a pas de panneau de chantier, il faut signaler. Je dois vous dire que de temps en temps quand nous sommes à Yaoundé et à Douala, nous faisons le tour de la ville, même le week-end. Donc nous interpellons tous les gestionnaires de la ville. Le Premier Ministre a d'ailleurs signé une circulaire qui interpellait les différentes chaines de responsabilités à ce sujet. Il est donc grand temps que les maires et les délégués du gouvernement prennent leur responsabilité.

Merci Monsieur le Ministre, mais avant de clore cet entretien j'aimerai vous demander si vous avez quelque chose à dire à tous ces camerounais qui espèrent voir la question de l'habitat s'améliorer dans les prochains jours ? Plus précisément pour les Camerounais moyens qui ont quand même des salaires et peuvent aller à la banque pour obtenir des crédits. Que leur promettez-vous ? Doivent-ils attendre des logements qui seront mis à leur disposition ?

C'est une occasion pour moi de dire que le Cameroun depuis plus de 20 ans, avait déjà pris des dispositions pour que le Camerounais moyen se loge. Ceci par la création de trois organismes étatiques que sont la SIC la MAETUR et le Crédit Foncier, qui était de nature à faciliter l'accès à la propriété. Certes il y a eu des problèmes, mais la très haute hiérarchie nous a instruit de revisiter le fonctionnement de ces trois structures. Nous sommes en train de le faire et nous avons instruit les trois organismes de reprendre le triptyque c'est-à-dire relancer les grands programmes. En plus de ces trois structures, le Chef de l'Etat en a créé d'autres. Nous pouvons citer le Labogénie, pour la fiabilité des ouvrages, l'ANOR, pour normaliser les matériaux et la Mipromalo. Nous pensons qu'il est de bon ton que ces structures reviennent à leur mission originels. Nous voulons également dire que le Premier Ministre a instruit des séries de tests organiques et structurels pour permettre l'éclosion dans le secteur de l'habitat. Il y a des dispositions qui ont été prises sur le plan fiscal, au niveau de la loi des finances, pour inciter les jeunes fonctionnaires, les agents de l'Etat qui sortent pour pouvoir avoir un toit. Les logements de ces jeunes-là sont subventionnés. Il n'y a par exemple pas de TVA à payer. Il y a également des dispositions qui sont prises pour industrialiser les matériaux locaux, afin de mettre les matériaux à disposition. Toujours dans la loi des finances, il y a des mesures incitatives pour permettre au promoteur immobilier qui s'investit dans le social, dans l'économie d'être à l'aise. Tout à l'heure je vous ai dit que le Chef de l'Etat a lancé le programme du Plan d'Urgence Triennal pour la Croissance et l'Economie, dans lequel le secteur qu'il a bien voulu nous confier a une place de choix. Nous avons 1000 logements à construire, dont 800 dans un premier temps. 100 dans chaque Chef-lieu des régions. Ces logements seront prédisposés en priorité aux jeunes qui se lancent dans la vie active. Il y'a également une dizaine de promoteurs privés, parmi lesquels les anglais les chinois, des américains des sud-africains et des canadiens qui sont là. Et j'invite donc les différentes parties prenantes à être plus souple. Parce que nous avons un déficit de près d'un million trois cents logements. Nous avons intérêt à couvrir et à arriver pour ce qui est du social au guichet unique. Avoir un terrain très rapidement. Avoir à signer avec un promoteur et sortir des locaux du promoteur avec ses clés. Mais nous voulons également inviter nos hommes d'affaires à s'intéresser au secteur de l'habitat. C'est du social mais c'est du concret. Pas à court terme mais ça paye. Et lorsque vous amenez un Camerounais à se loger cette personne ne vous oubliera jamais, vous entrerez dans l'histoire. Je voudrais inviter nos hommes d'affaires à y penser. J'ai déjà commencé à engager des pourparlers avec vous. Et je voudrais également inviter les uns et les autres à faire de l'auto construction. Ne pensez pas simplement que c'est l'état avec les promoteurs immobiliers qui vont vous amener à avoir votre toit. Il faut savoir que vous pouvez acquérir un terrain et construire décemment. Enfin, nous invitons tous nos collaborateurs et les gestionnaires de villes à être proactifs, à avoir une oreille attentive à ce secteur. Il est très porteur certes, mais il demande beaucoup d'argent.

 

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